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L’Arménie est l’un des plus beaux pays du monde: un peuple bienveillant, une incroyable variété de paysages et une collection à tomber par terre de monastères séculaires, perchés dans le ciel. Faut-il mettre une croix dessus ? Mme Pécresse et M. Zemmour avaient à peine décidé de se rendre en Arménie pour lui dire leur soutien que des vierges effarouchées se sont indignées de cette odieuse tentative de « récupération politique ». Les mêmes s’étaient pourtant bien gardées, jusqu’à présent, de manifester leur solidarité à la cause arménienne. Les jocrisses ! La question n’est pas de savoir qui a le droit de soutenir l’Arménie, mais comment nous la sauverons alors que ses hystériques voisins veulent l’effacer de la carte. Que voulez-vous, ils ne souffrent pas que les Arméniens habitent cette…
Faut-il désespérer de 2022 ? Après tout, qui sait si la France ne s’éveillera pas… Il est vrai que, ces dernières décennies, le pouvoir politique semble avoir été souvent inspiré par Oblomov, ce héros du génial écrivain russe Ivan Gontcharov, qui le présentait ainsi: « (…) on eût vainement cherché à lire sur ses traits la détermination ou la profondeur de la pensée. Celle-ci, comme un oiseau en liberté, glissait sur son visage, voltigeait dans ses yeux, se posait sur ses lèvres entrouvertes, se nichait dans les plis du front, puis disparaissait. » Procrastinateur, paresseux, résigné, Oblomov est pourvu dans le roman qui porte son nom de deux attributs essentiels: sa robe de chambre et ses pantoufles, « longues, moelleuses et larges ». Gontcharov précise à leur propos que, «…
Dans les années 1960, Jacques Chardonne devient sourd, ce qui lui permet de ne pas s’entendre dire les méchancetés qu’il écrit: « La pièce de Marceau, à la Michodière, est grossière et faible. Sa femme, Bianca, doit avoir besoin de robes » (5 février 1964) ; « Ma seule épreuve est d’être jugé par un Belge pédéraste [Robert Kanters] » (9 février 1964) ; « Elle [Solange Fasquelle] ne sait rien, ne lit rien, hors de tout, et foncièrement nulle » (5 décembre 1965) ; « Je tiens Brenner pour un peu gâteux… » (20 novembre 1966) ; « Ce gentil Michel Déon est travailleur, appliqué, consciencieux, mais sans originalité, sans genius, comme disent les Anglais » (16 octobre 1967). Déon n’avait sans doute pas eu connaissance de ce brutal…
Joe Biden a été élu dans un moment critique de l’histoire des États-Unis, confrontés à une crise sanitaire, économique, stratégique, politique et morale. Les Américains lui ont donné mandat de réunifier leur nation, de restaurer la puissance et l’image des États-Unis dans le monde, mais surtout de rétablir la confiance dans les institutions démocratiques. Jamais sans doute depuis l’élection de Franklin Roosevelt en 1932 les attentes n’avaient été aussi fortes tant aux États-Unis qu’au sein des démocraties. Joe Biden en avait conscience, lui qui entendait s’appuyer sur une administration expérimentée pour obtenir des résultats rapides sur le plan sanitaire avec la généralisation de la vaccination, sur le plan économique avec la mise en place de trois plans géants de relance, sur le plan diplomatique avec le réalignement des alliés autour…
La vague de Covid-19 qui submerge l’Allemagne va malheureusement empêcher la danseuse chevronnée qu’est Christine Lagarde d’aller fêter dans une discothèque de Francfort les 20 ans de l’euro avec ses collègues de la Banque centrale européenne (BCE). C’est le 31 décembre 2001 à minuit que les pièces et les billets avaient été mis en circulation et que la monnaie unique était entrée dans la vie des quelque 304 millions d’habitants des douze premiers pays à l’avoir adoptée. Beaucoup gardent le souvenir de cette grande révolution monétaire. À Berlin, 200 000 opérations de retrait avaient été enregistrées dès minuit et demi, et en France on en comptabilisait 450 000 à 9 heures du matin pour un montant dépassant les 30 millions d’euros. Cette euphorie initiale passée, un sentiment de défiance s’installa…
Emmanuel Macron a fixé trois priorités à la présidence française de l’Union européenne, qui s’ouvre le 1er janvier 2022. Aucune d’elles n’est un chemin de roses. La sécurisation des frontières extérieures de l’Europe, d’abord. Le projet de gestion commune de l’immigration est bloqué depuis la grande crise migratoire de 2015 ; il n’y a guère de chances qu’il se concrétise dans les mois qui viennent. L’Europe-puissance, ensuite. L’ambition est légitime, mais elle est sans issue. Comme pour mieux illustrer le dilemme, un regain de tension autour de l’Ukraine vient confirmer en cette fin d’année que, sans l’Amérique, les Vingt-Sept restent impuissants à gérer les conflits dans leur environnement. Peu de choses ont changé depuis les guerres qui ont déchiré l’ex-Yougoslavie, dans les années 1990. Le « nouveau modèle de croissance…