Le commandant Massoud était francophile. Francophone.
Je l’entends encore, au printemps 1998, chez lui, dans le Panshir, où je prépare son portrait pour Le Monde, me dire que la France du général de Gaulle et de la Résistance antinazie, la France dont on lui a enseigné l’histoire au Lycée Istiqlal de Kaboul, a toujours été, à ses yeux, la patrie mondiale de la liberté.
Je le revois, trois ans plus tard, à Paris, lors d’une soirée crépusculaire que nous avons improvisée avec Jean d’Ormesson, Jean-François Deniau, Pascal Bruckner, André Glucksmann, Gilles Hertzog, d’autres: pour la première et unique fois de sa courte vie, il est sorti, sinon de son pays, du moins de la région; à quelques semaines du 11 Septembre et de son propre assassinat, le 9, par la…