La célébrité l’épuise. En taxi, quand toujours le chauffeur l’interroge sur les toilettes – « alors les couches, c’est vrai Monsieur Pesquet? », en avion où il est prié de serrer les paluches, au restaurant avec selfie entre deux bouchées – « c’est comment là-haut Monsieur Pesquet? », à pied où, tel un aimant surpuissant, il agrège en quelques secondes deux badauds, puis 20, 30, 50 – « votre meilleur souvenir, Monsieur Pesquet? » De l’infiniment petit à l’infiniment grand, partout ce même empressement balourd, tendre, oppressant, qu’il décrit comme une donnée physique, de même nature que la pression atmosphérique ou la météo. D’ailleurs, il ne tente pas d’y échapper, se déplaçant dans la rue habillé en… Thomas Pesquet. Soit tête nue, polo bleu marine siglé ESA en lettres capitales…
