A l’ombre de l’église Saint-Andrew, au milieu d’un terrain vague au cœur de Boutcha, l’herbe a repoussé. Même sur les monticules de terre hauts de 1 mètre. Il y a un an, durant des semaines, les enquêteurs ont retourné ce paysage paisible pour extraire des dizaines de cadavres, enterrés à la va-vite lors de l’occupation de l’armée russe, en mars 2022. 419 victimes civiles ont été recensées. « Mais nous avons encore des dizaines de corps non identifiés, pointe l’adjointe au maire, Mykhailyna Storyk-Shkarivska. Souvent, les Russes tuaient les hommes d’une balle dans la tête, par-derrière, ce qui rend l’identification par le visage presque impossible. » En prononçant ces mots, l’élue, à la peau déjà blanche, pâlit encore.
A sa libération, le 31 mars 2022, Boutcha, occupée pendant près d’un…
