L’Arabie saoudite semble se réveiller d’un long sommeil, depuis l’accession au trône du roi Salman, il y a bientôt un an. Après des années d’immobilisme, voire de léthargie, liées à la maladie de l’ancien souverain Abdallah, décédé à plus de 90 ans, la dynastie sunnite des Saoud, d’ordinaire prudente en politique étrangère, s’expose, prend des risques, monte des coalitions armées. Notamment au Yémen, où les Saoudiens mènent une guerre aventureuse contre les rebelles houthistes, soutenus par l’Iran chiite, son rival géopolitique régional, dont Riyad cherche à tout prix à endiguer l’influence croissante. Quitte à exécuter, il y a peu, un dignitaire chiite, le cheikh Nimr al-Nimr, un opposant et une haute figure. Puis à rompre ses liens diplomatiques avec Téhéran, après les manifestations inévitables que cette provocation a entraînées dans…