ÀLA MAISON D’IZIEU, nichée dans un écrin de verdure du Bugey, dans l’Ain, rien n’a changé ou presque en près de quatre-vingts ans. Sont conservées dans leur jus la fontaine, devant laquelle les gamins posent un jour de fête, ou la terrasse de la villa où les pensionnaires de la colonie d’enfants réfugiés, juifs pour la plupart, jouent, presque insouciants, en ce printemps 1944. Certains sont déjà orphelins, d’autres séparés de leur famille. C’est le cas de Liliane Gerenstein, 11 ans, dont les parents, arrêtés à Annecy, sont déportés en novembre 1943. Depuis la colonie d’Izieu, où elle est placée le 1er décembre de la même année, elle adresse une lettre poignante à Dieu: « Faites revenir mes parents, mes pauvres parents, qu’ils ne souffrent pas, protégez-les (encore plus que…