JEUNES FILLES AFGHANES, étudiants nigérians, opposants syriens, rebelles kurdes, dissidents turcs, réfugiés des dictatures et des violences, simples habitants de nations faillies, de régions embrasées par le terrorisme mafieux, l’islamisme assassin, la corruption : tous ces condamnés à la désespérance, nous savons leur sort, nous connaissons leur destin. Avec très peu d’imagination, nous entrons dans les raisons qui font de la fuite leur seul recours. Leur quête n’est pas de prospérité : c’est celle d’un havre. Nous connaissons très bien, à force d’images, de reportages, de témoignages, l’atrocité de leur voyage, l’indignité de leur cantonnement. Depuis le temps que cela dure. Depuis le temps que le problème est là, devant nous.
Nous pétochons dans le réduit de nos angoisses identitaires Nous savons tout cela. Et pourtant. Murs, barbelés, camps, polices…
