En s’agenouillant dans le ghetto de Varsovie, en Pologne, le chancelier allemand Willy Brandt avait demandé pardon, le 7 décembre 1970, aux victimes des crimes de l’occupant nazi. Cinquante ans plus tard, ce 27 mai, lors de la visite d’Emmanuel Macron au Rwanda, il n’y eut pas de génuflexion, ni même d’excuses. Nul doute, pourtant, que le discours du président français fut historique. Pour la première fois, Paris a reconnu ses « responsabilités accablantes » dans le génocide des Tutsi de 1994. Le lendemain, l’Allemagne livrait un aveu encore plus glaçant: entre 1904 et 1908, ses autorités ont commis le premier génocide du xxe siècle, en Namibie – colonie allemande de 1884 à 1915 – contre des dizaines de milliers de Herero et de Nama. Non seulement Berlin va verser…