Il y a des mots qui chantent plus qu’ils ne parlent, disait Paul Valéry. « Islamo-gauchisme » est de ceux qu’on lance à la fin d’une engueulade politique, tel un claquement de porte tapageur. C’est en ce sens que la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, vient de l’utiliser, pour contester les méthodes d’un certain nombre de chercheurs engagés.
Le problème, c’est que, si l’idéologie dont il est question mériterait bien des analyses approfondies, l’expression en elle-même est absolument piégée. Parce qu’elle est outrancière, mais, surtout, parce qu’elle reproduit ce qu’elle est censée dénoncer. Le terme a été inventé au début des années 2000 par Pierre-André Taguieff pour qualifier une alliance militante entre des religieux et des groupuscules d’extrême gauche autour de la question palestinienne.
Aujourd’hui, il désigne souvent cette…