Confinement, frontières… de ces termes, on débat à l’infini. En vérité, nos existences depuis un an sont régies par l’omniprésence des frontières. Tout en essayant de préserver les apparences d’une vie normale, nous avons, presque sans nous en rendre compte, fait droit à tout ce qui sépare, délimite, enferme. L’Histoire est encore en train de s’écrire, mais, d’ores et déjà, notre géographie quotidienne a muté. Physiquement, matériellement, nous ne vivons plus dans le même monde qu’avant. Une grande part de ce qui en faisait le sel s’est trouvée évincée. La monotonie s’est installée. Nous sommes au désert.
Des puits d’ombre dans nos rues
Nos frontières nationales sont désormais fermées. Alors que, depuis des décennies, nous ne parlions que d’alliés, de partenaires, de voisins, voilà que le voisin est redevenu l’Autre.…