Avant l’effondrement du commerce international consécutif au coronavirus, la mondialisation était doublement fragilisée. Politiquement, par le Brexit, l’élection de Donald Trump, de Jair Bolsonaro, et par la montée de l’extrême droite en Europe. Mais aussi intellectuellement, des économistes parmi les plus reconnus soulignant ses limites.
Ainsi, Dani Rodrik, professeur à Harvard, relève que « les accords de libre-échange ne sont pas censés créer des emplois », puisque, s’ils créent des jobs dans certains secteurs, ils en détruisent dans d’autres (1). En France, il n’est pas difficile d’identifier les gagnants de la mondialisation : tourisme, automobile, parfums, banques et assurances, etc. Mais aussi les nombreux perdants : sidérurgie en Lorraine, textile dans le Nord, jouets dans le Jura, et la plupart des industries. En Europe, le marché unique, créé en 1957,…