Centre commercial de la Défense, un jeudi à l’heure du déjeuner. Ils sont une soixantaine à danser, un chapeau par-ci, un bandana par-là, quelques paires de santiags. Sans se soucier des cadres qui passent et retiennent à peine un sourire, sans se soucier du décor de béton brut. Ils s’arrêtent quelques minutes pour bavarder, boire un peu d’eau, puis repartent. Parce qu’ils connaissent la chorégraphie, oui, celle-là, Day Of the Dead, ils l’aiment bien, oui, celle-là, Sweet Hurt, ils la maîtrisent.
Deux jours plus tard, Soissons, dans l’Aisne, à 120 kilomètres au nord de Paris. La ville de Clovis et de son vase, où les rues s’appellent Charlesde-Gaulle ou Maréchal-Leclerc, où, le samedi matin, on s’adonne au classique triptyque marché-boulangerie-bistrot, où quelques bâtiments abandonnés disent que la vie ne tient…