Un avant-goût de l’automne, prisé, poétique, parisien, avec des rues jonchées « de feuilles jaunes, rouges et mordorées », des marrons ici et là : c’est ce que l’on trouve dans ce troisième roman d’Ingo Grünewald, né en 1970 à Coblence, établi de longue date à Narbonne où il enseigne les mathématiques, qui écrit directement en français. D’où, peut-être, son style sans afféterie, ses alternances de temps sans fausse note. Un an après la mort brutale de son mari, François, renversé par une voiture aux abords du bois de Vincennes, la narratrice, qui se fait appeler Manon, trentenaire d’origine allemande, reste endeuillée. Mais elle tient à transmettre à leur petite Anna, 2 ans et demi, le souvenir de son père. Les voilà donc qui arpentent sans relâche le Quartier latin,…
