Descente aux enfers
Elle est, nous dit-on, originaire de Toulouse, la ville rose, mais son univers est tout noir. Tête ronde légèrement enfantine, Inès Bayard, 26 ans, cache bien son jeu. Certes, le titre de son premier roman, Le Malheur du bas, aurait dû nous alerter. Mais on l’entame presque guillerette comme toujours lorsqu’on s’attelle à une nouvelle lecture, et on le referme, 270 pages plus tard, les tripes serrées et la rage au cœur.
A l’instar de Leïla Slimani avec sa Chanson douce, la jeune romancière ouvre le bal avec une prolepse, figure de style par laquelle sont mentionnés des faits qui se produiront bien plus tard dans l’intrigue. Et comme pour le Goncourt 2016, il s’agit d’une scène de crime: autour de la table, le petit Thomas, empoisonné,…