J’ai eu le privilège d’avoir eu à trois reprises de véritables échanges approfondis avec Simone Veil. Je l’ai d’abord rencontréecomme secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature, dans une commission ou, avec François Furet, nous l’avions remarquée alors qu’elle était encore inconnue. Politiquement très proches, c’està- dire positionnées au centre-droit avec une sensibilité de gauche, nous étions l’une et l’autre en terrain familier, j’oserais dire presque familial. Nous nous sommes retrouvées un peu plus tard, quand François Mitterrand, lors de la cérémonie au Veld’Hiv, le 16 juillet 1994, a été pris à partie par des juifs, traumatisés par les révélations de l’affaire Bousquet. Ce furent des rencontresd’une complicité assez chaleureuse. Nous partagions, sur le fond comme sur la forme, des analyses très proches. Un peu plus tard, nous avons…
