Le temps, sans doute. Pas celui qu’il fait, incertain en ces derniers jours d’avril. Mais celui qui passe. Qui conduit à la fin de toutes choses, mais aussi au renouvellement nécessaire, voire à la renaissance. Pedro Almodovar a 66 ans et « entame le troisième âge ». Il est possible de voir là une coquetterie. L’homme porte beau, barbe blanche taillée, tee-shirt gris-vert, veste de survêtement chic et rouge, l’oeil reposé, l’humeur bavarde, assis droit sur une chaise. Il parle en espagnol, comprend le français, précise encore et toujours ses réponses. Coquetterie, oui, mais pas forcément. La Movida semble d’un autre siècle, les extravagances, d’un autre lieu, les crises de nerfs, d’un autre bord, et son film précédent, Passagers clandestins, charge politique en douce doublée d’une folle comédie musicale, a…
