Camp de concentration d’El-Fayoum, en Egypte. Voilà huit mois que le narrateur, jeune étudiant en médecine, croupit dans une bâtisse entourée de barbelés et de miradors. En 1959, deux rafles ont jeté dans les prisons, sans procès ni jugement, un millier d’opposants de gauche, cadres d’organisations communistes, mais aussi écoliers, enseignants, journalistes qui aspirent à un régime démocratique. C’est Nasser, le nouvel homme fort du pays depuis le coup d’Etat de 1952, qui a ordonné cette vague d’arrestations. « Ce qu’il nous reprochait, ce n’était pas de représenter une menace pour son régime, c’était de penser par nous-mêmes », signale le « héros ». Qui, puni d’une semaine de cachot, a tout le loisir de songer à la belle Nadia, son amoureuse restée au Caire, et de revivre les derniers…
