Comme des fantômes, ils traversent les ruines de Ninive. Egarés dans la conquête de la Perse, mercenaires grecs cherchant la route du retour au pays, les Dix-Mille passent à l’ombre des vastes murailles, ultimes reliques de l’Empire assyrien, tombé deux cents ans plus tôt, en 612 avant Jésus-Christ. Ninive, aujourd’hui, c’est Mossoul, que se disputent les mêmes forces que jadis : Occidentaux dépositaires de l’hellénisme, Iraniens descendants des Perses, Irakiens héritiers de Babylone, séides venus de Damas… La vraie nouveauté, deux mille cinq cents ans après la pérégrination de Xénophon et de ses hoplites, c’est l’islam et ses guerres intestines.
Hors quelques retraites mythiques, telle que celle relatée dans l’Anabase, l’Histoire ne retient que les vainqueurs, et le vainqueur, aujourd’hui à Palmyre, peut-être demain à Mossoul, c’est Bachar el-Assad. Grand…