Graveleux, amusant ou insolite, le fait divers garde, dans l’imaginaire collectif, un petit côté primesautier qui sied mal aux affaires les plus douloureuses, comme celles traitant de la mort des enfants. Celle-ci effraie, émeut, jusqu’à détourner certains de leur exposition. Qu’ils se ravisent. Avec leurs premiers romans, nés de faits tristement réels, la comédienne Sophie Daull et l’enseignant Alexandre Seurat publient deux témoignages exceptionnels de finesse et d’intelligence, qu’on lit d’une traite, le souffle court, admiratif.
Car il fallait le trouver, le ton, pour raconter par le menu, sans pathos ni apitoiement, l’agonie, inconcevable, en quatre brèves journées fiévreuses, de Camille, adolescente pleine de vie et de joie. Puis décrire, non sans humour, les démarches auprès de l’hôpital et des compagnies de pompes funèbres, tout en informant les proches, forcément…
