Belladonna n’est pas un film, c’est une transe. Sorti au Japon en 1973, le film d’animation d’Eiichi Yamamoto a fait scandale. Pas seulement à cause de sa modernité, ou de l’érotisme diabolique qu’il distille plan après plan, mais aussi grâce à sa forme, expérimentale, graphique, radicale. Cet objet filmique non identifiable voué à devenir ultra-culte a, du reste, totalement disparu des écrans et même des coffres au trésor des cinéphiles du monde entier pendant quarante ans. Sorte de Graal teinté d’interdit, il ressort aujourd’hui grâce aux efforts de passionnés, restauré et en copie intégrale non censurée. Librement inspiré de La Sorcière de Michelet (1862), le film suit les mésaventures de Jeanne, une jeune paysanne violée par un seigneur le soir de sa nuit de noces, qui finit par pactiser avec…
