NOTRE-DAME-DE-VICTOIRE : UNE FOI EN BÉTON
Elle trône, massive et discrète à la fois, sur la place Alsace-Lorraine, à Lorient, ville martyre de la Seconde Guerre mondiale. En béton, entièrement repensée après les bombardements, l’église brutaliste Notre-Dame-de-Victoire, signée Jean-Baptiste Hourlier (1897-1987), ne cherche pas à séduire. Elle s’impose et en impose. Clocher cruciforme, lumière filtrée par des blocs de verre éclaté, murs bruts qui portent encore la trace des coffrages: ici, tout est geste, mémoire, foi sans fard. Longtemps boudée, cette architecture d’après-guerre trouve aujourd’hui une reconnaissance tardive mais sincère. Entre urbanisme, spiritualité et modernité rugueuse, le bâtiment raconte une autre histoire de la reconstruction. Celle d’une ville debout, sobre, sans nostalgie, mais pas sans émotion. Une visite s’impose, à condition d’accepter que le sacré prenne des allures de bunker.
PHÉNOMÈNE…
