« Tokyo la détruite et la reconstruite est une pieuvre aux tentacules élastiques. »Jean Cocteau Ce qui frappe le plus, quand vous découvrez Tokyo à la belle saison, c’est une toute petite chose. Oh, bien sûr, il y a les forêts de gratte-ciel en rangs serrés, les grappes de néons qui zèbrent chromatiquement la nuit, les hordes de piétons traversant les avenues au pas, bien dans les clous, bien au feu vert, le réseau de trains et de métros inextricable, ultra-dense, où, malgré la foule, tout n’est que civisme, propreté et ponctualité. Tout cela, évidemment, vous sidère. Mais par-dessus tout, il y a ces cigales toutes bêtes qui, dès qu’il fait chaud, nappent l’ensemble de la ville de leur chant bizarre. Les min-min zemi, comme on les appelle ici, stridulent…
