TOCQUEVILLE ET L’ILLIBÉRALISME
Il faut relire Tocqueville. On m’opposera qu’il décrit une Amérique qui n’existe plus, celle des pionniers, des défricheurs de l’Ouest, de l’aristocratie des planteurs de Virginie, des fermiers plus que des industriels, des puritains influents, des assemblées locales plus que du gouvernement fédéral. L’Amérique qu’il découvre en 1831-1832 est encore anglaise et Tocqueville y voit un prolongement du goût anglais pour la liberté et son épanouissement. Mais Tocqueville est aussi de notre temps par ses intuitions. Il ne se voyait pas en prophète, contrairement à Karl Marx, son contemporain, mais possédait un don rare de l’observation, qui lui permettait d’anticiper l’avenir. Nous le constatons en ce moment, alors que nos démocraties, aux États-Unis, en France et ailleurs en Europe, sont tentées par ce que l’on nomme désormais…
