Avatar tardif du grand opéra, créé au palais Garnier en 1883, Henry VIII, malgré sa longueur (presque quatre heures), ne comporte aucun temps mort. L’ouvrage mêle drames amoureux, conflits religieux, intrigues politiques, en un livret alla Donizetti parfaitement ficelé qui conte la rivalité entre les reines Catherine d’Aragon et Anne Boleyn, attisée par l’intransigeant monarque anglais qui répudie la première au profit de la seconde. Une aubaine pour un metteur en scène, qu’Olivier Py saisit avec son savoir-faire usuel, mais aussi, hélas, une fâcheuse tendance à la surcharge. Sur le plan visuel, les qualités sont nombreuses, grâce au fabuleux décor de Pierre-André Weitz, tout noir, tout en perspectives et en perpétuel changement, d’une invention architecturale époustouflante. Les costumes, eux, mêlent les époques, celle de la dynastie Tudor et celle de…