Et soudain, tout s’est arrêté. La retraite forcée que nous vivons nous impose une adaptation en vitesse accélérée. Une prise de conscience grandeur nature du monde qui nous entoure et des valeurs essentielles de l’humanité portées par la solidarité, l’empathie et le partage. Des rues désertes, des terrasses vides, des rideaux de fer baissés. Du silence, beaucoup de silence, des silhouettes qui se croisent au loin, sans s’attarder, échangent quelques regards timides et incrédules, des files d’attente longues mais ordonnées. Pas d’enfants, pas de grands-parents. Partout dans le monde, ces mêmes scènes. À la sidération des premiers jours, l’impression de surprendre le tournage d’un film de science-fiction, a succédé une résignation inquiète mais calme. Nous nous sommes habitués à l’étrangeté. Et pourtant, les cerisiers sont en fleurs, les magnolias aussi,…