Soucis financiers, sièges (rares) vides, critiques de l’État sur sa politique artistique, Bayreuth est dans la tourmente. Le festival est-t-il toujours armé pour accomplir sa mission première, laissée comme seul testament artistique par Richard Wagner, «Mes enfants, faites du neuf »? Avec Cosima (1837-1930), sa veuve, ce fut la glaciation, avec Siegfried (1869-1930), son fils, l'ignorance des changements scéniques naissants en Allemagne, bientôt censurées par les nazis. Mais en 1951, son fils Wieland inventa la mise en scène d'opéra moderne, ouvrant par là l’ère du Regietheater. Une révolution: plus de musée, de répétition d'un modèle figé, fidélité non à la lettre des didascalies, mais à l'esprit de l’œuvre, au filtre de la psychanalyse (Jung) et de la sensibilité contemporaine (« Walhalla, c'est Wall Street »), et inscription de sa forme…