Dans la musique de Brahms, faut-il creuser la veine romantique ou souligner la structure classique? Et plus précisément dans ses deux Sextuors à cordes, mettant en scène deux violons, deux altos et deux violoncelles, faut-il conserver un caractère chambriste ou déployer une puissance symphonique? Après avoir enregistré Janá ek (Alpha, 2018, CHOC, Classica n° 213), le Quatuor Belcea propose une vision sobre et claire de ces deux chefs-d’oeuvre de jeunesse, rejoint par l’alto chaleureux de Tabea Zimmermann et le violoncelle souverain de Jean-Guihen Queyras. Quelle hauteur de vue! À la lecture très Mitteleuropa du Quatuor Pražák, ronde, rugueuse et charnue (Praga, 2013), à celle, hédoniste et opulente, des membres de l’Academy of St-Martin-in-the-Fields (Chandos, 1992), et à celle, historique, éloquente et généreuse, de Yehudi Menuhin et ses amis (Warner Classics,…
