Il y a des souvenirs qui ne s’effacent pas. Moi, c’est la rentrée de CM1. J’ai vomi. Pas sur le paillasson, non — dans les toilettes juste avant de partir, cartable sur le dos. Le stress m’avait noué le ventre, et ce matin-là, il a décidé de sortir par la grande porte. Je me souviens encore de ma mère, médecin et maman à la fois, qui m’a regardée avec douceur mais sans dramatiser. Pas de panique dans sa voix, pas de « tu veux rester à la maison ? » non plus. Juste ce regard qui disait: ça va passer. Parce qu’elle savait. Elle savait que ce n’était pas grave. Que c’était le stress, le changement, l’inconnu… et que tout ça, une fois traversé, deviendrait un minuscule caillou dans ma…
