La guerre va exacerber un conflit larvé entre la France et l’Allemagne, qui dominent les mathématiques à l’époque.
« De chaque côté du Rhin, on pense que l’on pratique des mathématiques différentes. Ce qui, avec le recul, n’est pas flagrant », commente Catherine Goldstein, historienne des mathématiques. Les Allemands défendent une approche abstraite et théorique; les Français, des mathématiques intuitives ayant des applications pratiques. Ainsi, au congrès international de mathématique de 1897, Henri Poincaré célèbre la capacité des mathématiques à expliquer l’Univers, alors qu’au congrès suivant, en 1900, David Hilbert énonce une liste des « 23 problèmes »,
« caractérisée par des notions abstraites, peu ancrées dans la réalité. C’est un peu une réponse du berger à la bergère », analyse Catherine Goldstein. Cette rivalité atteindra son point d’orgue avec…