Le Point : Comment interprétez-vous la posture actuelle de Vladimir Poutine à ce stade du conflit ? ou, osons le mot, à ce stade des « négociations » ?
Giuliano da Empoli : Osons le mot, mais en sachant que la tactique de « négociation », quand on se place, comme Vladimir Poutine, dans une logique soviétique classique, c’est d’opter toujours pour le maximalisme. Être très dur jusqu’à la dernière limite, ne montrer aucune faiblesse. Ce qui me frappe, moi, et que je trouve très inquiétant, c’est que, pour l’animal de pouvoir qu’est le président russe, la séquence, au fond, n’est pas déplaisante. Même si l’invasion de l’Ukraine ne s’est pas passée comme prévu, il en a fait, trois ans plus tard, un processus qui consolide son pouvoir de l’intérieur.…