Sa voix d’abord: éraillée, puissante, lyrique. À l’image du personnage, contemporain des Belmondo, Marielle, Rochefort, Trintignant et de leur aîné, Michel Bouquet – tous des comédiens à voix. Robert Hossein en usait comme d’un instrument pour charmer, convaincre, emporter son interlocuteur dans son élan. Pour lui, chaque projet était un défi, une bataille, presque une offrande à Dieu. Proche d’un personnage dostoïevskien, il était possédé par cette âme slave, ce goût des rires et des larmes, cette « nostalge », comme il disait, qui vous serre le coeur et ne vous lâche plus. À croire que la démesure n’est pas toujours déraisonnable. Alors, il rêvait tout haut et grand. Souvent, la scène d’un théâtre ne lui suffisait pas. Il lui fallait plus grand, des palais – des Sports ou des…