Tout dire ? Oui, tout. Le bonheur, le sang, le quotidien, les très riches heures, les trahisons, les filiations, la couleur des yeux, les prénoms de chacun, les agonies… Tout dire de soi, de sa tribu, pour savoir qui on est, d’où l’on vient – et pour saisir la part de liberté qui, en chacun, résiste et s’invente. Au Danemark, un fameux écrivain, Karl Ove Knausgaard, est devenu le spécialiste planétaire de ce genre littéraire qui consiste à transformer, par la force des mots, l’ultrasingulier d’une famille en fable universelle. Un acronyme forgé à partir de son nom (KOK) permet même de désigner le syndrome de ceux qui, balayant toute pudeur, partent à la recherche de leur identité perdue – et qui, en chemin, déploient leurs petits tas de secrets.…
