UNE COLLABORATION RéUSSIE est toujours le résultat d’une relation réussie », notait Keith Haring, à l’automne 1988, à propos des oeuvres communes d’Andy Warhol et de Jean-Michel Basquiat, deux mois après la mort par overdose de ce dernier, à l’âge de 27 ans. L’année précédente, c’est Warhol qui rendait l’âme des suites d’une intervention chirurgicale, et c’en était définitivement terminé du binôme aussi improbable que fécond formé par deux artistes que tout opposait. D’un côté, Andy, quinquagénaire « timide et poli », star du pop art qui fait alors figure de pape dans la sphère artistique new-yorkaise. De l’autre, Jean-Michel, « agressif et direct », jeune prodige encore balbutiant de la scène underground locale. Dès l’adolescence, le second, avide de reconnaissance, cherche à se rapprocher du premier. En vain, jusqu’à…