Triste paradoxe pour Ishinomaki. Dix ans après la catastrophe, les traces du tsunami, qui a fait 4 000 victimes dans cette ville portuaire du nord-est du Japon (19 729 morts et 2 559 disparus dans tout le pays), sont effacées. Pourtant, les habitants ne se réjouissent guère. « Sur la forme, tout est réparé, mais, sur le fond, c’est autre chose », ironise Hidehiro Sato. Assis dans un fauteuil au tissu fatigué, devant une rangée de vinyles de jazz et une collection de voitures miniatures, ce patron d’un magasin d’électronique, dont les enfants sont partis vivre à Tokyo, n’a pas retrouvé son activité d’avant – ni son entrain. Un mal-être partagé par beaucoup de « locaux ». Mais, à la mairie, on préfère mettre en avant la reconstruction, menée à…
