Ce n’était certes pas la personnalité la plus charismatique de la Seconde Guerre mondiale. Mais, avec son Journal politique, Galeazzo Ciano a laissé un document exceptionnel. Cet homme clef du régime mussolinien fut le favori et, marié à sa fille Edda, le gendre du Duce, devenant, en 1936, à 33 ans, le ministre italien des Affaires étrangères. «Humain, faible, vaniteux […], sans moralité ni immoralité profonde », comme le décrit Maurizio Serra, Ciano n’a rien d’un doctrinaire. Son Journal, riche de descriptions et de portraits, est factuel, écrit à la pointe sèche. Ces documents sont pour la première fois réunis. On y croise Mussolini et ses changements d’humeur, Hitler et ses monologues, Victor Emmanuel III, Pierre Laval, Hermann Göring… Bon tacticien, peu stratège, Ciano voit, mais commente peu. Pour lui,…