Ah ! L’amour plus fort que l’exil, plus fort que la mort, le philtre qui lie à jamais, les déclarations enflammées des chevaliers, les longues plaintes des amoureux sacrifiés (« De ma mort, vous aurez une telle douleur, ajoutée à votre grande langueur, que jamais vous ne pourrez plus guérir », gémit Iseut, séparée de son Tristan). Un certain Moyen Age aurait, dit-on, célébré la passion, ce sentiment mortel mais sublime. Pas si vite ! L’époque, nous raconte le grand médiéviste Jacques Le Goff, n’était pas si romantique. Et l’amour, pas vraiment courtois, si ce n’est l’adultère. En fait, le christianisme vint donner un tour de vis supplémentaire au lourd couvercle qu’avaient posé les derniers Romains sur le couple marié. Et la chair devint péché……